L’éradication des femmes et des filles de la société afghane

L’ institutionnalisation de l’oppression envers les filles et les femmes par les Talibans causent des dommages qui devraient indigner chaque être humain…Des violations d’une telle gravité et d’une telle étendue ressemblent à une attaque systémique contre une population civile, ce qui pourrait constituer des crimes contre l’humanité. Richard Bennett, Rapporteur spécial des Nations Unies, le 18 juin 2024

Depuis 2021, les Talibans, soutenus par le Ministère
de la Propagation de la vertu et de la Prévention du
vice, ont signé 80 décrets, édits et interdictions
relatives aux droits fondamentaux des femmes.

Interdiction d’éducation

L’interdiction aux filles de 12 ans et plus de fréquenter une institution d’enseignement a entraîné la fermeture de toutes les écoles secondaires et des universités pour les femmes. En décembre 2024, les collèges de soins infirmiers et de sages-femmes ont été fermés, ce qui a sonné le glas de l’éducation pour les femmes afghanes.

Prisonnières de leur maison

L’obligation de porter la burqa qui limite grandement la vision est une autre atteinte aux droits de la femme afghane. De plus, un édit a ordonné de placarder les fenêtres afin que les femmes ne puissent pas regarder à l’extérieur. Enfin, les femmes ne peuvent ni aller dans les parcs, ni fréquenter les gymnases, ni faire du sport.

Les femmes sont réduites au silence

Dorénavant, on interdit aux femmes afghanes de chanter, de réciter des poèmes ou de lire en public. De plus, les émissions de radio présentées par les femmes sur la santé des femmes ou sur d’autres thèmes qui pourraient les intéresser ont été interdites. On s’attend désormais à ce que les femmes demeurent silencieuses quand elles sont à l’extérieur, au mieux, on leur permet de chuchoter. Même quand elles sont à la maison, elles doivent parler à voix basse.

Les femmes n’ont pas le droit de travailler

On a interdit aux femmes de travailler dans la fonction publique et dans des entreprises privées appartenant à des femmes, ce qui a entraîné la fermeture des salons de beauté. En 2022, on a aussi interdit aux femmes de travailler dans des organisations nationales et des ONG internationales dont les Nations Unies. Dans un pays ravagé par la guerre depuis des décennies, des millions de femmes assuraient la subsistance de leur famille. Maintenant, le fait que les femmes ne peuvent plus travailler a plongé plusieurs ménages dans une pauvreté indescriptible. Pour survivre, certaines familles vendent leurs fillettes de 8 à 10 ans pour des mariages précoces et forcés; d’ailleurs leur nombre est en hausse.

La santé des femmes en déclin

Puisqu’on a interdit aux femmes médecins de travailler avec des hommes, les services de santé pour les femmes ont vraiment diminué. Si l’on ajoute la fermeture des écoles de soins infirmiers et de sages-femmes, en décembre 2024, la vie des femmes est plus que jamais en danger car, selon les Nations Unies, en août 2024, il manquait plus de 18 000 sages-femmes qualifiées. Pendant que dans le monde, le taux de suicide est deux fois plus élevé chez les hommes que chez les femmes, la situation est tout à fait différente en Afghanistan où 80% des tentatives de suicide sont commises par des femmes.

La disparition des droits des femmes

Selon ONU Femmes, puisque le système judiciaire qui protégeait les femmes auparavant a été démantelé, l’Afghanistan affiche le taux le plus élevé au monde de violence sexiste sans recours possible. Les femmes n’ont pas le droit de divorcer et celles qui souffrent d’abus physiques, psychologiques ou sexuels doivent le faire en silence.